comment ca va du 26 juillet au 1er âout 2019

Image: 
  1. Un an après son apparition en RDC, l’épidémie d’Ebola continue de se répandre

Il y a un an, l’épidémie d’Ebola apparaissait à Mangina, dans le territoire de Beni, au Nord Kivu. Elle s’est, par la suite, répandu dans la province voisine de l’Ituri, atteignant plus de 2600 cas confirmés à ce jour. Selon les données officielles de la riposte du 31 juillet 2019, il y a déjà eu 1.813 décès (1.719 confirmés et 94 probables) et 776 personnes guéries dans les deux provinces. La mort, mi-juin en Ouganda, de deux personnes qui avaient participé à des obsèques en RDC, avait donné l’alerte mais l’organisation mondiale de la santé ne jugeait pas encore pertinent de déclarer l’urgence sanitaire mondiale. Cela arrivera avec l’apparition d’un premier cas positif Ebola à Goma, le 12 juillet 2019, et le président Felix Tshisekedi décidera de nommer un secrétariat technique chargé de diriger la riposte sous sa supervision.

Lorsqu’un deuxième cas positif d’Ebola est déclaré à Goma, le docteur Jean-Jacques Muyembe, qui dirige le secrétariat technique de la riposte contre la maladie à virus Ebola, tente de rassurer l’opinion mais cela ne suffit pas pour baisser la tension. L’ONG Médecins Sans Frontière, qui appuie le centre de traitement d’Ebola à l’Hôpital Général de Référence de Goma, déclarera même que ce deuxième cas est « un signe inquiétant que l’épidémie n’est pas sous contrôle ». Il est vrai qu’on peut se demander comment il est possible que les premier et deuxième cas positifs – retrouvés à Goma – ont pu passer tous les postes de contrôle qui séparent Goma de la ville de Butembo ou de la cité de Mongwalu ?

L’heure est désormais à la prudence maximale autour de Goma. Le 31 juillet, cinq bateaux ont été empêchés, pendant plusieurs heures, d’accoster à Bukavu après l’alerte de la présence à bord d’une femme qui aurait été en contact avec un cas positif Ebola à Goma. Elle sera finalement retrouvée et testée « Ebola Négatif ». Le jour suivant, c’est la ville rwandaise de Gisenyi qui a fermé ses deux postes frontaliers avec Goma pendant près de huit heures de la journée pour étudier des mesures optimales de sécurité. Tout compte fait, la lutte contre la MVE devrait être portée par tout le monde, c’est un rappel, pour éviter une explosion des cas dans la région. Il revient donc à tous les acteurs impliqués dans la riposte de conjuguer les efforts pour empêcher le développement de l’épidémie dans, et au-delà de, la ville de Goma.

   2. Avec Alexis Thambwe Mwamba, le FCC remporte la présidence du Sénat

L'ancien ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, est élu président du Sénat au terme des élections du bureau organisées le 27 juillet 2019. La coalition de l’ex-président Joseph Kabila l'emporte donc face à un de ses dissidents, Modeste Bahati Lukwebo. Mais elle perd la première vice-présidence du Sénat au profit de l'ancien Premier ministre (2016-2017) Samy Badibanga, membre de la plateforme AFDC et Alliés chère à Bahati Lukwebo. Sur les sept postes du bureau du Sénat, le Front Commun pour le Congo en a remporté quatre.

Pourtant largement majoritaires à la chambre haute du Parlement, les 91 sénateurs du FCC n’ont pas tous suivi la consigne de vote de leur autorité morale. Alexis Thambwe Mwamba a obtenu 65 voix contre 43 pour Bahati Lukwebo qui n’avait, a priori, que 13 sénateurs se revendiquant de l’ADFC-A. Ils ont ensuite déjoué les pronostics en votant, pour la première vice-présidence du Senat, en majorité (60 contre 34) pour Samy Badibanga alors qu’il était opposé à Evariste Boshab, ancien président de l’Assemblée nationale et poids lourd du PPRD.

Ce résultat révèle que le FCC n’est plus un bloc uni qui roule toujours selon les vœux de Joseph Kabila : la défaite cuisante d’Evariste Boshab alors qu’il faisait partie du ticket choisi par l’ancien président en est un autre indice après ceux d’Emmanuel Ramazani Shadari à la présidentielle de décembre 2018 et, récemment, de Lambert Mende au gouvernorat de la province du Sankuru. L’explication pourrait se retrouver dans l’éventualité d’une entente entre les différents sénateurs comme si les jeux étaient déjà faits en coulisses. Dans ce cas, l’AFDC-A aurait convenu, avec eux, de disposer au moins de la première vice-présidence à défaut de remporter la présidence du Sénat.

Il apparait aussi que le camp de Joseph Kabila a misé beaucoup plus sur le perchoir de la chambre haute du Parlement pour s’assurer de s’adjuger la plus haute fonction de la République après celle du président. La plateforme de Bahati Lukwebo s’est alors rabattue sur la vice-présidence. Ce résultat révèle aussi que le rapport des forces ne se joue plus seulement entre le FCC et CACH, coalitions de l’ex et de l’actuel président congolais. Il faudra désormais compter avec ADFC-A, qui même séparée du FCC, demeure la deuxième plus grande force politique au Parlement. Bahati Lukwebo espère, de ce fait, peser de tout son poids dans la formation du prochain gouvernement et la présidence de certaines commissions au parlement.

   3. La marine ougandaise continue d’arrêter des pêcheurs congolais

Quinze pêcheurs congolais de Kyavinyonge et Kasindi port ont été arrêtés et six pirogues saisies, le 27 juillet 2019, par la marine ougandaise au Nord du lac Edouard pour avoir pêché illicitement dans les eaux territoriales ougandaises. Ils s’ajoutent à la centaine d’autres pêcheurs congolais qui ont été arrêtés en 2018 pour les mêmes raisons.

Le gérant de la pêcherie de Kyavinyonge demande aux dirigeants congolais de s’impliquer sérieusement dans ce dossier pour trouver une solution durable à ce problème devenu récurrent entre les pêcheurs congolais et ougandais autour de la gestion des ressources halieutiques communes du lac Edouard. En janvier 2019, les autorités ougandaises avaient libéré 22 pêcheurs congolais qui étaient en détention en Ouganda depuis le 23 décembre 2018. Mais selon Barthélemy Kambale, fonctionnaire délégué du gouverneur du Nord-Kivu à Kasindi, chaque pêcheur avait payé des amendes pour être libéré.

Le fait que plusieurs autres pêcheurs restent détenus en Ouganda pousse plusieurs voix à s’élèver pour demander l’implication du gouvernement congolais pour leur libération. En avril 2019, un envoyé de l’Ouganda en mission officielle à Beni estimait qu’il était souhaitable d’échanger les détenus des deux pays « Nous venons en RDC échanger avec les autorités locales pour que nous puissions avoir le nombre exact des détenus ougandais et les motifs de leurs poursuites pour que nous puissions présenter le rapport à notre hiérarchie pour qu’après délibération suive l'échange des détenus entre Kinshasa et Kampala ». Il est par ailleurs autant opportun que judicieux de procéder à la démarcation physique des eaux territoriales de chaque pays afin d’éviter aux pécheurs de se retrouver dans les eaux territoriales de l’un ou de l’autre pays, sinon par clandestinité. Au stade actuel, les pêcheurs congolais clament qu’ils ignorent où se limitent la partie congolaise du lac et en sont manifestement victimes.

 

Goma, Raoul Banywesize,

Chercheur/ Pole Institute

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Go to top